La fiscalité

Les associations paient-elles des impôts ?

   

La loi de 1901, contrairement aux croyances, ne crée pas un paradis fiscal. L’association étant un contribuable, elle peut être amenée à payer des impôts.

Si une association :

  • Réalise des actes de commerce, elle peut être assujettie aux impôts commerciaux (Taxe sur la Valeur Ajoutée - TVA, impôt sur les sociétés, taxe professionnelle) et à la taxe d’apprentissage.
  • Occupe des locaux, elle paie les taxes foncières et d’habitation.
  • Emploie du personnel, elle doit régler des taxes comme tout autre employeur (formation professionnelle continue, taxe sur les salaires si elle ne paie pas de TVA);
  • Possède un poste de télévision, elle doit s’acquitter de la redevance.
  • Ouvre une buvette, même temporaire, elle doit régler la taxe sur les débits de boisson.

En fiscalité, ce n’est pas le statut juridique qui est considéré, mais la nature des actes. Les associations sont donc soumises à toutes les règles fiscales mais aussi aux exonérations dont peut bénéficier tout autre assujetti. Elles bénéficient par ailleurs de quelques exonérations et allégements spécifiques.

La situation la plus complexe à définir est l’assujettissement ou non des associations aux impôts commerciaux, qui dépend de nombreux paramètres fondés sur des textes de loi. Plusieurs instructions fiscales sont parues depuis 1998, et plusieurs aménagements ont été apportés, notamment par les lois de finances annuelles, au code général des impôts. L’objectif est de définir des règles suffisamment précises pour permettre aux associations d’anticiper les conséquences de leurs choix, en matière de gestion, de rémunération de leurs dirigeant-es.

Chaque direction départementale des services fiscaux dispose d’un « correspondant associations ».

En savoir + : 

Correspondant association des services fiscaux de votre département

www.associations.gouv.fr


Quels sont les impôts commerciaux ?

   

Les trois impôts commerciaux sont la TVA, la taxe professionnelle et l’impôt sur les sociétés.


La taxe à la valeur ajoutée - TVA

La TVA est un impôt indirect sur la consommation mis en place en 1954. Son principe est que les personnes, physiques ou morales,  assujetties à la TVA ne versent à l'État que la différence entre la TVA qu'elles perçoivent lors de leurs ventes et celle qu'elles ont elles-mêmes versé lors de leurs achats. Les opérations imposables à la TVA concernent des livraisons de biens ou de services, effectuées à titre onéreux par des assujettis (article 256- 1 du Code général des impôts).


La contribution économique territoriale (CET)

La taxe professionnelle a été supprimée et remplacée, depuis le 1er janvier 2010, par la contribution économique territoriale.

Globalement, les associations soumises antérieurement à la taxe professionnelle sont soumises à la contribution économique territoriale, soit :

  • Celles dont la gestion n’a pas un caractère désintéressé.
  • Celles dont l’activité est exercée en concurrence avec des entreprises du secteur lucratif et dans des conditions similaires à ces entreprises.

Les associations ne sont pas concernées si le caractère non lucratif leur est reconnu par les services fiscaux.


L’impôt sur les sociétés

Aux termes de l’article 206 du code général des impôts, « sont passibles de l’impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes, ainsi que... toutes... personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif ».Les instructions fiscales du 15 septembre 1998, du 19 février 1999 et de décembre 2006  ont eu pour objectif de clarifier la situation des associations au regard de ces trois impôts.

De plus le ministère du budget a réalisé plusieurs fiches techniques permettant aux services fiscaux départementaux d’analyser finement les activités des associations, et notamment :

  • Formation du personnel d’encadrement.
  • Centres de loisirs sans hébergement.
  • Séjours linguistiques.
  • Centres de vacances d’enfants et d’adolescents.
  • Classes et séjours « découverte ».
  • Voyages scolaires éducatifs.
  • Associations de protection de la nature et de l’environnement.
  • Tourisme social.

Ces fiches ont notamment pour objectif de cerner les activités associatives et de les différencier des activités commerciales menées sous couvert de la loi 1901.


En savoir + :

Associations mode d’emploi n°125 – janvier 2011


Comment analyser sa situation au regard es impôts commerciaux ?

Les instructions fiscales du 15 septembre 1998, du 19 février 1999 et de décembre 2006 précisent la démarche à suivre pour déterminer l’assujettissement d’une association aux impôts commerciaux. Le caractère lucratif d'un organisme est déterminé au moyen d'une démarche en 3 étapes conduite pour chaque activité réalisée par l'association, suivant les principes énoncés dans l'instruction 4H-5-98 et confirmés par le conseil d'état.

La démarche est la suivante :

  1. La gestion de l’organisme est-elle désintéressée ?
  2. Si oui, l’organisme concurrence-t-il une entreprise ?
  3. Si oui, exerce-t-il son activité dans des conditions similaires à celles d’une entreprise ?

Cette comparaison se fait grâce à la méthode des « 4 P » qui consiste en une analyse de 4 critères classés par ordre d'importance décroissante : produit - public - prix - publicité.


1. La gestion désintéressée

Le ministère du budget estime « qu’il est légitime qu’un organisme à but non lucratif dégage, dans le cadre de son activité, des excédents, reflets d’une gestion saine et prudente ». Il convient donc alors de regarder non pas l’excédent en tant que tel mais son affectation. Il ne doit pas profiter aux dirigeants.

Pour être désintéressée, la gestion de l’association doit être assurée par des personnes bénévoles n’ayant aucun intérêt direct ou indirect dans la gestion de l’association (salaire des dirigeant-es ou conjoint-es, distribution des bénéfices...).

Néanmoins, les instructions fiscales de 1998, 1999 et 2006 ont assoupli les conditions de la gestion désintéressée, en rappelant clairement certains principes:

  • La possibilité d’avoir une main d’œuvre salariée sans remettre en cause le caractère non lucratif.
  • La possibilité de présence de salarié-es dans les organes dirigeants à condition qu’elle soit prévue dans les statuts, que leur nombre ne dépassent pas le quart des membres, qu’ils-elles ne fassent pas partie du bureau.

Il est admis que la gestion désintéressé d’une association n’est pas remise en cause « si la rémunération brute mensuelle totale versée à chaque dirigeant-e, de droit ou de fait, n’excède pas les trois quarts du SMIC ».

De même, un-e directeur-trice salarié-e auquel-à laquelle sont délégués des pouvoirs importants (représentation, signature...) ne remet pas en cause le caractère désintéressé de la gestion si le conseil d’administration exerce un réel contrôle sur son activité et sur les orientations de l’association et a le pouvoir de le-la révoquer.


2. La concurrence avec une entreprise

L’instruction précise qu’il doit s’agir d’une analyse fine qui ne s’arrête pas à un seul secteur d’activité (tourisme, activités sportives...). L’analyse du public visé et des pratiques doit notamment être prise en compte pour déterminer la concurrence.

« En définitive, la question qu’il convient de se poser est de savoir si le public peut indifféremment s’adresser à une structure lucrative ou non lucrative ». Les fiches techniques réalisées par l’administration fiscale permettent une analyse de la concurrence par secteur d’activité.


3. La méthode des « 4 P »

Produits

L’administration fiscale estime que l’activité d’une association est d’utilité sociale lorsque le produit ou le service proposé « tend à satisfaire un besoin qui n’est pas pris en compte par le marché ou qui l’est de façon peu satisfaisante »


Public

L’activité peut également présenter un caractère d’utilité sociale en raison du public bénéficiaire : « Sont susceptibles d’être d’utilité sociale les actes payants réalisés principalement au profit de personnes justifiant l'octroi d'avantages particuliers au vu de leur situation économique et sociale ». Ainsi, l’association doit s’adresser à des personnes qui, pour des raisons économiques, ne peuvent pas accéder aux services offerts par le marché (cf. CE 1-10-1999 n°170289).


Prix

«...nettement inférieurs pour des services de nature similaire ». La notion de tarifs modulés en fonction de la « situation des clients » peut aider à remplir cette condition. L’instruction rappelle également l’existence de tarifs homologués par les préfectures.


Publicité

Le contenu prime sur les méthodes. L’instruction précise qu’il est possible « de réaliser une information sur ses prestations sans toutefois que celle-ci s’apparente à de la publicité commerciale destinée à capter un public analogue à celui des entreprises commerciales ».

Cet élément reste à apprécier. Les campagnes d’adhésion ne sont pas a priori touchées, celles vantant les qualités d’un centre d’hébergement a priori oui. Ici il faut aussi prendre connaissance des fiches techniques réalisées par secteur.

 

En savoir + :

Association mode d’emploi N°122 – octobre 2010

Association mode d’emploi N°120 – août-sept. 2010


Comment déterminer le caractère lucratif ou non des activités d'une association ?

   



En savoir + :

Mémento pratique Francis Lefebvre Associations 2010-2011

Bulletin Officiel des impôts 4H-5-06 N°208 du 18 décembre 2006


Une association est-elle soumise aux trois impôts commerciaux ?

   

Non, car à l’issue de l’analyse de la situation fiscale décrite dans les pages précédentes, une association peut sectoriser son activité. De plus, le lien systématique entre les trois impôts n’est pas confirmé.


La sectorisation ou filialisation

Les instructions précisent qu’il peut y avoir dans une association des secteurs lucratifs et non lucratifs (principe de sectorisation) sans que cela ne remette en cause la non-lucrativité de l’association. Il est également possible de filialiser une activité lucrative dans une structure commerciale.


Le lien entre les trois impôts

La loi dispose que la TVA est liée aux activités et l’impôt sur les sociétés (et la taxe professionnelle) à la nature de la gestion de l’association. Dans ses instructions de 1998, 1999  et 2006 l’administration fiscale estime qu’un assujettissement à la TVA entraîne le paiement de l’IS et de la taxe professionnelle.

La cour administrative d’appel de Nantes (27 juin 2003) a pourtant remis en cause l’analyse des services fiscaux et a confirmé qu’une association pouvait être assujettie à la TVA tout en étant exonérée de l’IS et de la taxe professionnelle. Le Conseil d’État devrait se prononcer sur ce point.

Si l’absence de lien systématique se confirme il faudra scinder l’analyse de l’assujettissement à la TVA (selon la procédure décrite en pages précédentes) et celle à l’IS basée sur la gestion désintéressée selon trois critères :

  • aucun intérêt direct ou indirect dans les résultats de l’association.
  • aucune distribution directe ou indirecte de bénéfices.
  • aucune attribution de l’actif aux membres (sous réserve de reprise des apports).

Le lien systématique crée une zone de risque pour les associations : Les organismes ayant une gestion intéressée soumis à l’IS, ne peuvent a priori pas recevoir de subventions publiques (sauf sous certaines conditions précises). Or il n’existe pas à ce jour de texte faisant la différence entre une association, à gestion désintéressée, soumise à l’IS via la TVA et une association à gestion intéressée. Certains organismes de contrôle (cour régionale des comptes par exemple) pourraient s’étonner de voir des collectivités verser des subventions à des organismes soumis à l’IS ayant donc, en théorie, une gestion intéressée.


L’association et le code des marchés publics

Le code des marchés publics impose une mise en concurrence, parfois simplifiée. Le risque est grand de voir les services fiscaux interpréter ces mises en concurrence comme une entrée des associations dans le champ concurrentiel, avec pour conséquence un assujettissement aux impôts commerciaux. Il importe que soit reconnue la plus value sociale des associations pour les protéger des conséquences fiscales de ce nouveau mode de contractualisation avec l’État et les collectivités. 


En savoir + :

Association mode d'emploi n°111 - août-sept. 2009

www.associations.gouv.fr



Quelles activités sont exonérées de TVA ?

   

La première étape consiste à analyser la situation de l’association au regard des impôts commerciaux, selon la démarche présentée dans la question "Comment analyser sa situation au regard des impôts commerciaux ?"


À l’issue de cette analyse :

S’il ressort que l’association n’est pas assujettie aux impôts commerciaux au titre de son activité principale :

  • Elle peut réaliser des opérations normalement assujettissables à la TVA mais n’est autorisée à réaliser que six manifestations de soutien par an exonérées de TVA. Les associations doivent tenir une comptabilité de chacune de ces 6 manifestations pour la présenter en cas de contrôle.
  • Elle peut réaliser des activités économiques accessoires et être exonérée de tous les impôts commerciaux, si le montant des recettes issues de ces activités n’excède pas 60 000 €. Les associations ainsi exonérées doivent préciser sur leurs factures « TVA non applicable, art. 261-7 b du Code général des impôts ». Il est bien précisé que les activités non lucratives doivent rester significativement prépondérantes.

S’il ressort que l’association doit être assujettie aux impôts commerciaux, le caractère spécifique des associations permet toutefois quelques exonérations :

  • Pour les services à caractère social, éducatif, culturel ou sportif rendus aux membres.
  • Pour la vente de biens aux membres de l’association dans la limite de 10 % des recettes totales de l’association, subventions comprises.

Enfin il existe des règles particulières pour les associations intermédiaires agréées, les associations agréées de services aux personnes, les opérations réalisées par des groupements d’aveugles ou de travailleurs handicapés, les ventes de publications périodiques.

 

En savoir + :

Correspondant associations des services fiscaux de votre département

www.associations.gouv.fr

Bulletin Officiel des impôts 4H-5-06 N°208 du 18 décembre 2006

Jurisassociations n°382 - 1er juillet 2008


Quels autres impôts et taxes concernent les associations ?

   

Taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties

Les associations loi 1901 sont redevables de ces taxes au même titre que tous les propriétaires (quelques rares cas d’exonérations : associations de mutilés reconnues d’utilité publique, de sauveteurs, de jardins familiaux par exemple).


Taxe d’habitation

Due par les associations qui louent, occupent gratuitement, ou sont propriétaires de locaux à usage privatif. Pas de taxe pour les locaux auxquels le public a accès comme des salles d’exposition ou de compétition.


La contribution économique territoriale (CET)

La taxe professionnelle a été supprimée et remplacée, depuis le 1er janvier 2010, par la contribution économique territoriale.

Globalement, les associations soumises antérieurement à la taxe professionnelle sont soumises à la contribution économique territoriale, soit :

  • Celles dont la gestion n’a pas un caractère désintéressé.
  • Celles dont l’activité est exercée en concurrence avec des entreprises du secteur lucratif et dans des conditions similaires à ces entreprises.

Les associations ne sont pas concernées si le caractère non lucratif leur est reconnu par les services fiscaux.


Taxe sur la formation continue

Elle est due par toutes les associations employeurs et varie selon le nombre et le statut des salarié-es.


Taxe sur les salaires

Toute rémunération, en monnaie ou en nature, quel que soit le lien entre rémunéré et « rémunérateur » est soumise à la taxe sur les salaires (taux de 4,25 %, 8,50 % et 13,60 % suivant les tranches, au 1er janvier 2011). Les associations bénéficient d’un abattement annuel (6002 € en 2011). Cet allégement ne dispense pas d’établir une déclaration. La taxe sur les salaires n’est pas due par les associations assujetties à la TVA (prorata éventuel).


Taxe d’apprentissage

Elle est liée à l’impôt sur les sociétés.


En savoir + : 

Juris associations N°392 du 1er février 2009

Association mode d’emploi n°123 – novembre 2010


Les associations paient-elles des impôts ?

La loi de 1901, contrairement aux croyances, ne crée pas un paradis fiscal. L’association étant un contribuable, elle peut être amenée à payer des impôts.

Si une association :

  • Réalise des actes de commerce, elle peut être assujettie aux impôts commerciaux (Taxe sur la Valeur Ajoutée - TVA, impôt sur les sociétés, taxe professionnelle) et à la taxe d’apprentissage.
  • Occupe des locaux, elle paie les taxes foncières et d’habitation.
  • Emploie du personnel, elle doit régler des taxes comme tout autre employeur (formation professionnelle continue, taxe sur les salaires si elle ne paie pas de TVA);
  • Possède un poste de télévision, elle doit s’acquitter de la redevance.
  • Ouvre une buvette, même temporaire, elle doit régler la taxe sur les débits de boisson.

En fiscalité, ce n’est pas le statut juridique qui est considéré, mais la nature des actes. Les associations sont donc soumises à toutes les règles fiscales mais aussi aux exonérations dont peut bénéficier tout autre assujetti. Elles bénéficient par ailleurs de quelques exonérations et allégements spécifiques.

La situation la plus complexe à définir est l’assujettissement ou non des associations aux impôts commerciaux, qui dépend de nombreux paramètres fondés sur des textes de loi. Plusieurs instructions fiscales sont parues depuis 1998, et plusieurs aménagements ont été apportés, notamment par les lois de finances annuelles, au code général des impôts. L’objectif est de définir des règles suffisamment précises pour permettre aux associations d’anticiper les conséquences de leurs choix, en matière de gestion, de rémunération de leurs dirigeant-es.

Chaque direction départementale des services fiscaux dispose d’un « correspondant associations ».


En savoir + : 

Correspondant association des services fiscaux de votre département

www.associations.gouv.fr

Comment analyser sa situation au regard des impôts commerciaux ?

Les instructions fiscales du 15 septembre 1998, du 19 février 1999 et de décembre 2006 précisent la démarche à suivre pour déterminer l’assujettissement d’une association aux impôts commerciaux. Le caractère lucratif d'un organisme est déterminé au moyen d'une démarche en 3 étapes conduite pour chaque activité réalisée par l'association, suivant les principes énoncés dans l'instruction 4H-5-98 et confirmés par le conseil d'état.

La démarche est la suivante :

  1. La gestion de l’organisme est-elle désintéressée ?
  2. Si oui, l’organisme concurrence-t-il une entreprise ?
  3. Si oui, exerce-t-il son activité dans des conditions similaires à celles d’une entreprise ?

Cette comparaison se fait grâce à la méthode des « 4 P » qui consiste en une analyse de 4 critères classés par ordre d'importance décroissante : produit - public - prix - publicité.


1. La gestion désintéressée

Le ministère du budget estime « qu’il est légitime qu’un organisme à but non lucratif dégage, dans le cadre de son activité, des excédents, reflets d’une gestion saine et prudente ». Il convient donc alors de regarder non pas l’excédent en tant que tel mais son affectation. Il ne doit pas profiter aux dirigeants.

Pour être désintéressée, la gestion de l’association doit être assurée par des personnes bénévoles n’ayant aucun intérêt direct ou indirect dans la gestion de l’association (salaire des dirigeant-es ou conjoint-es, distribution des bénéfices...).

Néanmoins, les instructions fiscales de 1998, 1999 et 2006 ont assoupli les conditions de la gestion désintéressée, en rappelant clairement certains principes:

  • La possibilité d’avoir une main d’œuvre salariée sans remettre en cause le caractère non lucratif.
  • La possibilité de présence de salarié-es dans les organes dirigeants à condition qu’elle soit prévue dans les statuts, que leur nombre ne dépassent pas le quart des membres, qu’ils-elles ne fassent pas partie du bureau.

Il est admis que la gestion désintéressé d’une association n’est pas remise en cause « si la rémunération brute mensuelle totale versée à chaque dirigeant-e, de droit ou de fait, n’excède pas les trois quarts du SMIC ».

De même, un-e directeur-trice salarié-e auquel-à laquelle sont délégués des pouvoirs importants (représentation, signature...) ne remet pas en cause le caractère désintéressé de la gestion si le conseil d’administration exerce un réel contrôle sur son activité et sur les orientations de l’association et a le pouvoir de le-la révoquer.


2. La concurrence avec une entreprise

L’instruction précise qu’il doit s’agir d’une analyse fine qui ne s’arrête pas à un seul secteur d’activité (tourisme, activités sportives...). L’analyse du public visé et des pratiques doit notamment être prise en compte pour déterminer la concurrence.

« En définitive, la question qu’il convient de se poser est de savoir si le public peut indifféremment s’adresser à une structure lucrative ou non lucrative ». Les fiches techniques réalisées par l’administration fiscale permettent une analyse de la concurrence par secteur d’activité.


3. La méthode des « 4 P »

Produits

L’administration fiscale estime que l’activité d’une association est d’utilité sociale lorsque le produit ou le service proposé « tend à satisfaire un besoin qui n’est pas pris en compte par le marché ou qui l’est de façon peu satisfaisante »


Public

L’activité peut également présenter un caractère d’utilité sociale en raison du public bénéficiaire : « Sont susceptibles d’être d’utilité sociale les actes payants réalisés principalement au profit de personnes justifiant l'octroi d'avantages particuliers au vu de leur situation économique et sociale ». Ainsi, l’association doit s’adresser à des personnes qui, pour des raisons économiques, ne peuvent pas accéder aux services offerts par le marché (cf. CE 1-10-1999 n°170289).


Prix

«...nettement inférieurs pour des services de nature similaire ». La notion de tarifs modulés en fonction de la « situation des clients » peut aider à remplir cette condition. L’instruction rappelle également l’existence de tarifs homologués par les préfectures.


Publicité

Le contenu prime sur les méthodes. L’instruction précise qu’il est possible « de réaliser une information sur ses prestations sans toutefois que celle-ci s’apparente à de la publicité commerciale destinée à capter un public analogue à celui des entreprises commerciales ».

Cet élément reste à apprécier. Les campagnes d’adhésion ne sont pas a priori touchées, celles vantant les qualités d’un centre d’hébergement a priori oui. Ici il faut aussi prendre connaissance des fiches techniques réalisées par secteur.

 

En savoir + :

Association mode d’emploi N°122 – octobre 2010

Association mode d’emploi N°120 – août-sept. 2010

Quels sont les impôts commerciaux ?

Les trois impôts commerciaux sont la TVA, la taxe professionnelle et l’impôt sur les sociétés.


La taxe à la valeur ajoutée - TVA

La TVA est un impôt indirect sur la consommation mis en place en 1954. Son principe est que les personnes, physiques ou morales,  assujetties à la TVA ne versent à l'État que la différence entre la TVA qu'elles perçoivent lors de leurs ventes et celle qu'elles ont elles-mêmes versé lors de leurs achats. Les opérations imposables à la TVA concernent des livraisons de biens ou de services, effectuées à titre onéreux par des assujettis (article 256- 1 du Code général des impôts).


La contribution économique territoriale (CET)

La taxe professionnelle a été supprimée et remplacée, depuis le 1er janvier 2010, par la contribution économique territoriale.

Globalement, les associations soumises antérieurement à la taxe professionnelle sont soumises à la contribution économique territoriale, soit :

  • Celles dont la gestion n’a pas un caractère désintéressé.
  • Celles dont l’activité est exercée en concurrence avec des entreprises du secteur lucratif et dans des conditions similaires à ces entreprises.

Les associations ne sont pas concernées si le caractère non lucratif leur est reconnu par les services fiscaux.


L’impôt sur les sociétés

Aux termes de l’article 206 du code général des impôts, « sont passibles de l’impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes, ainsi que... toutes... personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif ».Les instructions fiscales du 15 septembre 1998, du 19 février 1999 et de décembre 2006  ont eu pour objectif de clarifier la situation des associations au regard de ces trois impôts.

De plus le ministère du budget a réalisé plusieurs fiches techniques permettant aux services fiscaux départementaux d’analyser finement les activités des associations, et notamment :

  • Formation du personnel d’encadrement.
  • Centres de loisirs sans hébergement.
  • Séjours linguistiques.
  • Centres de vacances d’enfants et d’adolescents.
  • Classes et séjours « découverte ».
  • Voyages scolaires éducatifs.
  • Associations de protection de la nature et de l’environnement.
  • Tourisme social.

Ces fiches ont notamment pour objectif de cerner les activités associatives et de les différencier des activités commerciales menées sous couvert de la loi 1901.


En savoir + :

Associations mode d’emploi n°125 – janvier 2011


Comment déterminer le caractère lucratif ou non des activités d'une association ?



En savoir + :

Mémento pratique Francis Lefebvre Associations 2010-2011

Bulletin Officiel des impôts 4H-5-06 N°208 du 18 décembre 2006


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